les aquariums récifaux

Holothurie en aquarium récifal, dangereux mais possible.

La Classe des holothuridés : généralités.

holothurie noire, holothuria atra Extérieurement, les holothuries ou bêches de mer, comme on les nomme parfois, n'ont rien qui les affilie aux échinodermes, lesquels sont généralement des organismes hauts en couleurs. De fait, leur corps, épais et informe, est fréquemment recouvert de sable ou de fragments végétaux, comme certains oursins et l'holothurie évoque davantage par son aspect un ver surdimensionné qu'un échinoderme tel qu'on se le représente couramment. Anatomiquement en revanche, on retrouve parfaitement la symétrie pentaradiée propre aux organismes membres de ce groupe. Certaines holothuries ingèrent des chloroplastes et acquièrent des défenses.

Dépourvus de squelette rigide, comparable à celui dont les oursins sont dotés, les holothuries ne possèdent qu'une peau, résistante comme du cuir, renforcée par des sclérites calcifiés, logés dans ce derme, et dont on sent littéralement la présence au contact, qui confèrent à l'animal un aspect rugueux. Sur le plan scientifique, ces sclérites, bien que minuscules, voire microscopiques, jouent un rôle déterminant, puisque leur forme caractérise une espèce. Et ce n'est pas comme un problème taxonomique, cela reste vraiment tout petit.

L'orifice buccal des holothuries s'ouvre à l'extrémité antérieure de l'animal; il est cerné de 10 à 30 tentacules rétractiles. L'anus se situe à l'autre extrémité. Le corps est pourvu de puissants muscles radiaux et longitudinaux, qui autorisent des déplacements. Comme chez les autres groupes d'échinodermes, les holothuries possèdent des pieds ambulacraires, disposés en 5 rangées longitudinales, dont 3 se situent à la face inférieure du corps, généralement aplatie. Mais chez de nombreuses espèces, ces pieds ambulacraires sont involués, ou modifiés au point de se réduire à de simples verrucosités et à des appendices hérissant la surface du corps de l'animal. Nombreuses sont les espèces qui utilisent leurs pieds ambulacraires pour maintenir à leur surface divers débris végétaux, des grains de sable ou des cailloux, dans le but de se protéger des rayons ardents du soleil en eau peu profonde. La majorité des holothuries rampent sur le sable, ou escaladent rochers et colonies coralliennes. D'autres espèces demeurent en permanence enfouies dans le sable ou la vase, et on connaît même des formes planctoniques, qui passent toute leur existence en suspension dans le milieu aqueux, et que seuls des spécialistes sauraient identifier comme membres de la classe des holothuries.

Parmi les holothuries, il existe un groupe qui se nourrit en déployant ses tentacules ramifiés à contre-courant, afin de capturer les organismes planctoniques en suspension, qui seront englués. Cependant, la majorité des espèces consomme des particules organiques collectées dans le sable ou la vase : la matière " brute " est tout simplement ingérée, triée, et la fraction non comestible rejetée par la suite, d'où l'omniprésence, sur les sols sableux, de petits "tortillons" de réjection.

Les holothuries libèrent leurs produits sexuels directement dans le milieu externe. Lors de l'émission, les holothuries dressent leur partie antérieure, pour améliorer l'effet de dispersion. Afin de permettre la rencontre des gamètes males et femelles, l'émission des spermatozoïdes et des ovules s'effectue simultanément, phénomène parfois observable au crépuscule ou de nuit. Les larves planctoniques issues de la fécondation dérivent quelques temps au gré des courants, puis se métamorphosent en de minuscules holothuries et passent à un mode de vie benthique, sur un site favorable. Il existe des espèces incubatrices, d'autres sont même vivipares.


Les espèces d'holothuries en aquarium récifal et aquarium marin.

holothurie pomme de mer, Pseudocolochirus violaceus Ni trop grandes, ni trop dangereuses, l'holothurie peut être un atout en aquarium d'eau de mer.

Holothurie interdite en aquarium...

Certaines espèces d'holothuries sont définitivement interdites d'entrée en aquarium récifal! Trop grande pour la plupart ou avec des tubes de Cuvier externes trop dangereux sont les raisons principales de ce refus.

Quelques éléments de vie et biologie des holothuries.

Les holothuries "hébergent" fréquemment des parasites ou des organismes commensaux : ainsi, certains poissons de la famille des syngnathes vivent à l'intérieur même du tractus digestif. Si la surface du corps sert de support à divers crustacés, des bivalves ou des gastropodes, les organes internes abritent eux-aussi des vers polychètes ou de petits crabes.

Sur tout le pourtour asiatique, les holothuries sont collectées, transformées en une spécialité culinaire, nommée "trepang" et consommées. Sans préparation adéquate, la plupart des espèces d'holothuries serait impropre à la consommation : leur chair est en effet imprégnée d'holothurine, qui est une substance aux propriétés toxiques. D'où l'absence de prédateurs dont jouissent ces animaux. Et pourtant, ils disposent encore d'autres mécanismes de défense. Ainsi, en cas de simple contact (un plongeur, par exemple), ou s'ils sont malmenés par un agresseur, les holothuries peuvent expulser leurs " tubes de Cuvier " : il s'agit de longs filaments blancs, enduits d'une substance engluante, et qui s'accrochent à tout type de support. Si cette tactique s'avère insuffisante, et que le prédateur persévère, les holothuries ont alors recours à leur arme suprême, qui consiste à expulser leurs viscères. Bien qu'elles soient capables de les régénérer, mieux vaut néanmoins éviter de provoquer cette réaction, qui, d'une part, les prive de toute défense, et d'autre part les empêche de s'alimenter pendant un laps de temps conséquent. On ne saurait trop insister pour que les plongeurs évitent de les manipuler.